mardi 4 décembre 2007

Le cliché qui persiste...

Wow! Je viens de voir un reportage sur la "tempête" de neige au Québec au téléjournal de France 2. Des images de poudrerie, de voitures ensevelies, de sorties de route, de déneigeuses, d'enfants se lançant des boules de neige...

Pourtant, ce ne sont pas ces scènes qui m'ont frappé. Tout en parlant du Canada, de Montréal, de l'est des États-Unis et du Québec (dans cet ordre), les personnes interviewées parlaient anglais et les informations affichées étaient en anglais... Je comprends qu'ils ont dû prendre leurs images aux États-Unis ou en Ontario, mais ce choix renforce malheureusement une fausse image des Québécois en France. Il n'est pas rare que certains croient que nous sommes tous bilingues. L'idée d'une Amérique anglaise persiste. Nous sommes un peu comme les irréductibles Gaulois... :)

Parfois, nous sabotons nous-mêmes cette image à l'étranger : les expressions anglaises sont mises en avant dans le concept des Têtes à claques en France. Probablement un choix marketing. Les termes anglais fonctionnent très bien ici, que ce soit en publicité ou dans la vie de tous les jours, comparativement au Québec où nous tentons de tout traduire, même les noms commerciaux.

Dernièrement, j'ai appris que les anglophones représentaient 18,2 % de la population à Montréal, ville considérée la plus multiculturelle du Québec, tandis qu'ils étaient seulement 1,4 % à Québec, capitale de la province. Des statistiques pour nos amis français!

5 commentaires:

Unknown a dit...

Tu sais Kathy, beaucoup de Français pensent aussi que vous passez l'hiver bien au chaud enterrés dans la ville souterraine de Montréal sans jamais mettre le nez dehors... Je passe le cliché du chasseur de caribou avec son bonnet en peau de castor. On adore ça en plus les clichés, suffit de regarder sur quoi repose l'humour d'Astérix pour s'en rendre compte (tous les anglais mangent de la viande bouillie à la menthe, les espagnols ne font rien d'autres que de la corida, les suisses de la fondue, le ménage et retourner leur coucou, etc, etc...)

Concernant l'anglais, je suis assez partagé. Cela fait 9 fois que je vais au Québec, et je pense que vous utilisez bien plus d'anglicismes que nous (aïe pas taper). Suffit d'entendre un Québécois parler de sa voiture, et là tout y passe du dash au muffler. Après si vous être trop loadé, ou schedulé, vous cancelerez bien un petit rendez-vous pour avoir le temps d'allez visiter une belle "place"... Quand beau papa me parle bricolage, là aussi, c'est un festival de mot anglais.

Là où je suis tout à fait d'accord avec toi, et je vous tire mon chapeau, c'est que vous faites des efforts pour traduire les nouveaux termes, alors que nous on ne se casse pas la tête et on prend le mot anglais sans se poser de questions, plus par flemme que par réel engouement pour la langue je pense (vu notre niveau d'ailleurs situé entre le minable et le ridicule, on ne peut pas dire que les Français aient d'ailleurs un engouement pour l'Anglais ! :-)). Le coté frime ou mode de l'usage de l'Anglais pour faire branché est encore présent (Open comme pub pour Orange m'a fait bondir), mais moins que dans les années 80 je trouve.

La grande différence, c'est que l'on ne se sens pas menacé par la langue anglaise. J'avoue que je suis plus choqué par le "langage des banlieues" ou le "langage SMS" que par l'usage de pressing ou de parking... Ce massacre du Français m'inquiète plus que les anglicismes. (à tort ou à raison, je n'en sais rien)

On pourra parler de tout ça samedi !
Bonne soirée.

Kathy a dit...

Personne n'échappe aux clichés... Et c'est bien souvent de cette façon que nous définissons les Autres. Le Français avec son béret, son chandail rayé et sa baguette sous le bras n'y fait pas exception. ;)

Quand on parle de mécanique, de bricolage ou d'informatique, ce sont des domaines techniques où les mots anglais sont légions, bien qu'ils aient été traduits, ceux qui y travaillent n'ont pas toujours suivi cette tendance. C'est vrai que les "loader", "canceler", "céduler" et autres abondent dans la langue parlée au Québec, mais c'est rare qu'ils seront écrits dans un texte.

Il ne faut pas oublier que, dans les années 1950, le pouvoir économique de Montréal (et par extension, du Québec aussi?!?) était aux mains des anglophones : les big boss étaient anglais, les noms d'entreprise, la publicité, le service à la clientèle étaient en anglais. Aucune loi ne protégeait la langue française, même si elle était la langue de la majorité. C'est pourquoi les Québécois se sont toujours battus pour la conserver et encore aujourd'hui où le français recule, que ce soit au Québec (79,6 %, c'est la 1re fois depuis 1931 qu'on descend en bas des 80 %*) ou au Canada (4,1 %*) en raison d'une plus forte arrivée d'allophones ces dernières années. Alors, c'est tout récent que le Québec vit au rythme du français. Entourés par les Canadiens-anglais et les Américains (ces derniers ayant une grande influence économique et culturelle en dehors de leurs frontières), nous devons insister pour que le français demeure d'où mon aversion à ce qu'on montre seulement de l'anglais quand on parle du Québec. (Désolée, sujet sensible, même si je sais que le bilinguisme est une bonne chose et que j'aimerais maîtriser parfaitement...)

C'est pourquoi ça me décourage quand je vois des mots comme "pressing" (en vrai anglais : laundry), "parking" et "week-end" qui sont dans le dictionnaire de la langue française lorsque des termes français existent pour ces réalités. Bien que les Français ne se sentent pas menacés par l'anglais, il est tout de même inquiétant de préférer celui-ci au terme français. Comme tu le dis, ce n'est sûrement qu'une mode. Enfin, je l'espère! Parce que quand j'entends parler des "News" à la télévision, des "Sales" au bureau, du "challenge" dans les rues, mes oreilles ont mal et surtout avec l'accent français, désolée de le dire... ;)

Pour le "langage SMS", je ne crois pas qu'ils l'utilisent pour écrire un texte normal, c'est comme le "chat" (clavardage au Québec, mais bon, pratiquement pas utilisé... ;)). Le "langage des banlieues" est-il celui des jeunes en général en France? Comme la culture rap/hip hop l'est?

* Source : Le français perd du terrain, Cyberpresse

Anonyme a dit...

En gros, je pense que même si tout autant d'anglicismes sont utilisés en France et au Québec, les français les incorporent à leur dictionnaire et au "bon" langage alors que les québécois ne les utilisent que dans le "populaire"! On ne les entend pas en général à la télé...

Anonyme a dit...

Malheureusement les dernières statistiques tirées du rescencement confirment le recul constant du français au Canada, au Québec et à Montréal, où les francophones sont désormais sous la barre des 50%.
Je t'invite à aller sur le site du Devoir, édition du 5 décembre...

Marie-Eve

Kathy a dit...

Oui, j'ai lu un article semblable dans Cyberpresse, mais Rima Elkouri a écrit une chronique sur cet inquiétant 50 % peu de temps après où elle explique d'où il provient et du fait qu'il n'englobe pas toute la réalité. Bien intéressant...