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mercredi 5 mars 2008

Trouvez l'anglicisme

Petit quiz intéressant trouvé sur Cyberpresse où l'on voit que les anglicismes se sont incrustés dans le français québécois de tous les jours...

Amusez-vous bien! Et lisez bien les questions!

1. Quelle expression est incorrecte?
A - Se couvrir de ridicule
B - Faire un fou de soi
C - Se ridiculiser

2. Quelle expression n’est pas une adaptation correcte de « Up to this date »?
A - Jusqu’à ce jour
B - Jusqu’à présent
C - Jusqu’à date
D - Jusqu’à aujourd’hui

3. Quel nom d’outil n’est pas correctement indiqué?
A - Une paire de pince
B - Un marteau
C - Un tournevis
D - Une scie

4. Quelle phrase fait un usage approprié du verbe « placer »?
A - J’ai placé une commande chez ce fournisseur.
B - Il a placé un appel au directeur du centre.
C - J’ai placé mon argent dans un REER.
D - Cette question a été placée à l’ordre du jour de la prochaine réunion.

5. Quelle n'est pas la bonne façon d’indiquer qu’on ajoute une inscription à son agenda?
A - Mettre à l’horaire
B - Céduler une rencontre
C - Inscrire au programme
D - Mettre au calendrier

6. Comment définit-on correctement la personne qui exécute ou dirige des travaux de construction?
A - Contracteur
B - Entrepreneur
C - Ouvrier

7. Comment désigne-t-on quelque chose qui n’avance ni ne recule?
A - Au neutre
B - Au point mort
C - Statique

8. Quel terme ne doit pas être utilisé pour traduire l’expression « irreconciliable »?
A - Irréconciliable
B - Incompatible
C - Inconciliable

9. Quel terme n'exprime pas correctement « une adaptation faite pour combler un besoin »?
A - Recevoir
B - Accommoder
C - Rendre service
D - Satisfaire

10. Quelle expression fait bon usage du verbe « devoir »?
A - Je suis dû pour des vacances.
B - Pierre est vraiment dû pour une coupe de cheveux.
C - Cet accident était dû pour arriver.
D - Étienne m’a remis la somme qui m’était due.

Et puis? Vos notions d'anglais vous ont-ils aidés? De mon côté, les cours universitaires sur les anglicismes ont refait surface... et ils étaient loin! :)

Si vous êtes patients, vous aurez les réponses dans les prochains jours. Sinon, vous pouvez faire le test ici.

mardi 4 mars 2008

Quand l'accent français s'est séparé de son cousin québécois...

Lu sur Cyberpresse :

Voilà sans doute l’un des plus intrigants paradoxes de l’histoire québécoise. Du temps de la Nouvelle-France, le « parler canadien » était unanimement louangé comme une forme particulièrement pure de français. Mais quelque part entre 1760 et 1810, le monde entier s’est ravisé. Aux yeux de tous, notre accent était soudainement devenu « lourd », « sans grâce », « corrompu ». Que s’est-il donc passé entre les deux?

Dans son livre D’où vient l’accent des Québécois? Et celui des Parisiens?, qui sera lancé officiellement mardi, le phonéticien retraité de l’Université Laval, Jean-Denis Gendron, croit avoir trouvé la réponse.

« Les Français disent au départ que l’accent des Canadiens est identique à celui de Paris, puis, au XIXe siècle, ils disent qu’il est tout à fait différent. Alors, comment l’expliquer? Ce ne sont pas les Canadiens qui avaient changé leur façon de parler, mais bien les Parisiens. Donc, il fallait chercher comment eux avaient changé », expliquait M. Gendron, lundi, lors d’un entretien téléphonique.

Grand et bel usages
Pendant longtemps, deux modèles de diction ont coexisté dans la Ville lumière, souligne M. Gendron : le « grand usage », qui était la langue savante des discours publics, employée au Parlement de Paris, dans les cours de justice, par la bourgeoisie instruite et au théâtre; et le « bel usage », utilisé en privé dans les salons de la noblesse. Sa prononciation, plus relâchée que celle du grand usage, devait paraître «naturelle», c’est-à-dire ni vulgaire, ni affectée.

Elle avait tendance à tronquer certaines lettres et faisait rager beaucoup de grammairiens français. Le bel usage prononçait ainsi, entre bien d’autres : « leux valets », « sus la table », « quéqu’un », « velimeux », « des habits neus », « ostiner », « neyer » (noyer), « netteyer », « frèt », etc.

« On dit dans le discours familier qu’il fait “grand fraid” (…) mais en preschant, en plaidant, en haranguant, en déclamant, je dirois “le froid” », écrivait par exemple le grammairien français Gilles Ménage en 1672.

Puisqu’il était plus proche de la langue du peuple que le « grand usage », on ne s’étonnera donc pas, après la lecture de cette courte liste, que les visiteurs aient eu l’impression que le parler de la Nouvelle-France soit semblable en tout point, ou presque, avec l’accent de Paris.

Mais la haute société parisienne, qui a longtemps flotté entre les deux accents, bascule totalement à la révolution de 1789. Le roi de France, ou le « rouè », comme il disait peut-être, est décapité. L’aristocratie, dont le prestige donnait jusque-là préséance au bel usage, fuit la France (quand elle le peut), ce qui laisse toute la place à la bourgeoisie et à « sa » manière de parler. La révolution, écrit M. Gendron, « sera en même temps politique et linguistique. (…) L’autorité et le prestige acquis par les gens de lettres vont leur conférer le pouvoir d’influencer la langue, en devenant le modèle à imiter ».

Ce changement de la prononciation parisienne — certaines consonnes, comme le r manquant de « sus la table », seront carrément restaurées, dit M. Gendron — se fera aussi très vite, à l’échelle de l’histoire des langues : quelques décennies tout au plus. « Cela s’est fait naturellement, dit M. Gendron. Personne ne s’en est rendu compte. Il y a l’historien Charles Bruneau qui le mentionne un peu, mais les autres historiens n’en parlent pas. »

La révolution linguistique surviendra d’abord chez les Parisiens, pour qui l’ancienne prononciation commencera à « faire paysan ».

La colonie isolée
Le Canada français, lui, n’a évidemment pas pu suivre. Bien que les voyages en France furent permis par les Britanniques, la Conquête marqua le retour d’une partie de la noblesse canadienne en Europe et coupa les liens administratifs entre l’Hexagone et sa colonie. En outre, la menace que fit peser Napoléon sur la Grande-Bretagne mena à un blocus de la France qui isola encore plus les francophones d’Amérique.

« Alors quand les voyageurs reviennent avec le nouvel accent qu’ils ont acquis à la révolution, ils ne comprennent plus. Ils ont oublié leur ancien accent, qu’ils retrouvent chez les Canadiens, mais sans savoir que c’était le leur », dit M. Gendron. Et comme la langue de Paris est la référence la plus courante en français, les visiteurs des autres pays basèrent dessus leur opinion de l’accent canadien.

Source : Jean-François Cliche, Le Soleil.

mercredi 29 août 2007

Ça va ouatcher!


Les Têtes à claques envahissent la France! :)

Je dirais que tous les Québécois à Paris et ailleurs ont aidé le phénomène à se propager ici. Maintenant, les collègues de Benoît en parlent plus que nous et utilisent davantage les expressions des Têtes à claques... J'ai lu que 15 % des connections à leur site provenaient de l'Europe.

À l'annonce de l'arrivée des Têtes à claques sur un cellulaire en France, la grande polémique était de savoir s'ils devaient traduire leurs sketchs ou non! Eh bien! Plusieurs amateurs français ont déploré une possible traduction en français de France qui ferait justement perdre l'authenticité des expressions québécoises, même si certains disaient que le Français moyen ne pouvait les comprendre. C'est pourquoi les Têtes à claques ont joué là-dessus dans leur campagne Ça va ouatcher! avec l'entreprise de téléphonie mobile, SFR, en créant un lexique d'expressions franco-québécoises. Certaines sont plus connues que d'autres qui ne sortent d'on ne sait où!

En voici quelques exemples :

Avoir juste le cul et les dents = n'avoir aucune personnalité
Ça fa que = alors ou ce qui fait que
Dur de comprenure = se dit d'un individu à qui il faut répéter plusieurs fois la même chose avant qu'il comprenne
Être assis sur son steak = rester assis à ne rien faire
Flusher son chum = larguer son mec
Gosses = testicules
Manger ses bas = avoir de gros problèmes
Niaiser = faire l'imbécile
Ouatcher = regarder, garder l'oeil ouvert
Pitoune = fille plutôt plantureuse
Quessé = qu'est-ce que tu fais?
Roteux = hot dogs
Se faire brasser le canadien = se faire réprimander, engueuler vivement
Tire-toi une bûche = approche un siège
Y fait chaud, ça pue pis on est ben = expression de contentement :)

Et plusieurs autres...

Leur campagne Ça va ouatcher! (remarquez le "watch" qui n'est même pas écrit à l'anglaise parce que la plupart des Français ne sauraient pas comment l'épeler... ;)) met en scène Johnny Mobile (davantage connu pour ses pubs sur le Willy Waller et le Body Toner) et trois amis qui utilisent des expressions anglaises à profusion, toujours avec une p'tite pancarte apparaissant avec les mots français dessus. Trois sketchs sont en ligne jusqu'à présent.

À la prochaine, les Tits Papoutes! :)

lundi 27 août 2007

Le corrigé

Le voici!

J'ai mis en gras les erreurs corrigées et celles-ci sont décrites plus bas avec explication et lien vers une ressource sur Internet.

Vous pouvez toujours vous référer à la dictée originale.

***** ***** ***** *****

Bonjour
à tous! J’espère que vous avez eu du beau temps, et ce, aux quatre coins du Québec. En tentant de ne pas vous rappeler les moins trente degrés qui vous attendront chaque jour cet hiver… ;)

Je me laisse aller aujourd’hui : dictée! :) Je sens que la plupart d’entre vous attendaient cela avec impatience… En espérant que vous découvriez le moins d’erreurs possible, je voulais vous montrer qu’il ne faut pas toujours tenir pour acquis la langue française…

C’est ce que je croyais lorsque j’ai mis les pieds sur le campus de Sherbrooke. Mes résultats scolaires ne reflétaient pas le peu d’efforts déployés aux niveaux secondaire et collégial. Mes balbutiements à l’université m’ont malheureusement mise au pied du mur. Grâce à mon entêtement et au soutien familial, j’ai mis l’accent sur les études. Les années se sont succédé et ont pallié mes erreurs d’autrefois. Dédiée à la langue de Molière, j’ai pu faire mes études comme prévu et atteindre mon but : me marier à un programmeur. :)

En fait, c’est à votre tour de jouer au correcteur aujourd’hui! Il m’apparaît des plus prématuré de vous avouer vaincu, mais prenez donc un risque… :)

Par l'intermédiaire de ce blogue, vous avez l’occasion d’apprendre quelques exceptions, selon votre intérêt en la matière, bien sûr. Certaines gens ayant déjà travaillé avec moi et s’étant posé de multiples questions auront déjà vu de leurs propres yeux des sujets de capsules parmi cette dictée. Plus d’un aime bien me taquiner quant à ma façon d’écrire haute en couleur, préférant de loin le bleu marine et les nuances turquoise.

J’espère que cette dictée portera ses fruits, mais, vous n’êtes pas sans savoir, que je continuerai à vous rebattre les oreilles avec quelques capsules linguistiques instaurées lors des tout premiers débuts de ma vie active.

Quoi qu’il en soit, j’attends vos réponses avec curiosité, voire avec impatience. Vous sabrerez le champagne lorsque vous verrez les résultats… :)

***** ***** ***** *****

Les erreurs :

1) Bon matin : Anglicisme phraséologique. Calque de Good morning. Remplacer par « Bonne journée » ou « Bonjour ».

2) Température : Impropriété. Remplacer par « temps ».

3) Et ce : Entre virgules.

4) À travers le : Anglicisme syntaxique. Emploi critiqué. Signifie « de part en part » ou « d’un bout à l’autre ». Remplacer par « aux quatre coins du » ou « partout autour du ».

5) Vous rappeler : Utiliser le même pronom dans la même phrase. Dans celle-ci « se rappeler » avec « vous attendront ». Remplacer par « vous rappeler ».

6) Se rappeler quelque chose : Et non de quelque chose. Verbe transitif. « Se rappeler les trente degrés » et non « des trente degrés ».

7) Sous zéro : Anglicisme syntaxique. Calque de Below zero. Remplacer par « moins 30 degrés ».

8) À chaque jour : Construction vieillie ou littéraire, elle ne s’utilise pas avec une préposition (ex. « à »). Remplacer par « chaque jour ».

9) Lousse : Anglicisme. Calque de loose. Remplacer par « je me laisse aller » (dans le contexte de la dictée).

10) La plupart de vous attendiez : Accord critiqué, mais le verbe s’accorde le plus souvent à la 3e personne du pluriel.

11) Le moins d’erreurs possibles : L’invariabilité de « possible » est préférable. Toutefois, l’accord est admis, puisque « possible » ne suit pas immédiatement « le moins ». Le cas échéant, « possible » serait assurément invariable.

12) En espérant…, cette dictée : Anacoluthe (ce mot m'a toujours fascinée). Figure de style qui représente une rupture dans la construction syntaxique d’une phrase. Le sujet de la participative « En espérant » n’est pas le même que celui de la principale « cette dictée ». Remplacer le sujet « cette dictée » par « je », entre autres.

13) Démontrera : Nuance sémantique. Dans le sens de « souligner, mettre en évidence », utiliser le verbe montrer. Voir 12).

14) Prendre pour acquis : Anglicisme phraséologique. Traduction littérale de to take for granted. Remplacer par « tenir pour acquis ».

15) Campus universitaire : Pléonasme. Redondant, puisque « campus » signifie déjà « complexe universitaire ». L’adjectif « universitaire » n’est pas nécessaire.

16) Académiques : Anglicisme sémantique. « Académique » signifie « qui se rapporte à une académie ». Remplacer par « scolaire » ou « pédagogique ».

17) Premiers balbutiements : Pléonasme. Utiliser seulement « balbutiements » dans ce contexte.

18-19) Acculé au pied du mur : Accord avec le sujet et pléonasme. Remplacer par « mise au pied du mur ».

20) À cause de : Nuance sémantique. « À cause de » réfère à un résultat malheureux. Remplacer par « grâce à » qui indique un côté positif.

21) Support : Anglicisme sémantique. Remplacer par « soutien ».

22) Mis l’emphase : Anglicisme phraséologique. Calque des expressions anglaises to lay emphasis on et to put emphasis on. Remplacer par « mis l'accent ».

23) Les années se sont succédées : Verbe pronominal. « Se succéder » (verbe intransitif) n’a pas de COD, donc il reste invariable.

24) Pallié à : Verbe transitif qui s'emploie avec un COD et non avec une préposition comme un COI.

25) Compléter mes études : Anglicisme sémantique. « Compléter » signifie « rendre complet ce qui était incomplet ». Au sens de « remplir » et de « faire, réaliser, accomplir, exécuter », « compléter » est un anglicisme.

26) Tel que prévu : Dans ce contexte, « tel que » ne se réfère pas à un nom ou à un pronom. Remplacer par « comme » ou « tel que je l'avais ».

27) But ultime : Pléonasme. Utiliser seulement « but ».

28) Marier un programmeur : « Marier quelqu'un » signifie « unir par les liens du mariage » ou « donner sa fille en mariage ». Dans le sens de « épouser quelqu'un », utiliser « me marier à un programmeur ».

29) À toutes fins pratiques : Anglicisme phraséologique. Traduction littérale de for all practical purposes. Remplacer par « en fait, en définitive, pratiquement, en pratique » selon le contexte.

30) Il m’apparaît des plus prématurés : Accord de l'adjectif avec « des plus ». L'adjectif reste invariable s'il se rapporte à un verbe, à un pronom neutre ou à toute une proposition. Remplacer par « prématuré », celui-ci se rapportant à « Il m'apparaît ».

31) Prenez une chance : Anglicisme sémantique. Remplacer par « prendre un risque ».

32) Par le biais de : Impropriété. En français, signifie « par un moyen détourné, rusé ou malhonnête ». S'il n'a pas ces caractéristiques, remplacer par « par l'entremise de », « à l'aide de » et autres selon le contexte.

33) Opportunité : Anglicisme sémantique. Signifie « caractère de ce qui est opportun, de ce qui convient ». Usage critiqué dans le sens de « occasion opportune, favorable » provenant de opportunity. Remplacer par « possibilité, chance, occasion ».

34) Dépendant de : Anglicisme phraséologique. Ne peut être utilisé en tant que préposition comme en anglais, depending on. Remplacer par « selon, suivant, en fonction, d'après ».

35) Certains gens : Lorsqu'il est placé immédiatement avant « gens » comme tout autre adjectif dont la forme diffère du féminin au masculin, « certains » s'accorde au féminin. Remplacer par « certaines ».

36) S’étant posés : Verbe pronominal dont le COD est placé après = invariable. « S'étant posé » quoi? « De multiples questions » est le COD placé après le verbe. Remplacer par « s'étant posé ».

37) Plus d’un aiment : Accord avec le sujet. Dans ce contexte, le verbe s'accorde au singulier avec le nom qui suit « un » et qui peut être sous-entendu. Remplacer par « plus d'un aime ».

38) Tant qu’à : Homophone grammatical. « Tant qu'à » signifie « s'il le faut » et est toujours suivie d'un verbe à l'infinitif. Remplacer par « quant à ».

39) Haute en couleurs : Dans cette expression, « couleur » est toujours invariable, tandis que « couleurs » est au pluriel dans les autres expressions avec « en » (ex. film en couleurs, rêver en couleurs, etc.).

40) Bleu marin : C'est le bleu de la marine et non un adjectif relié à un nom. La norme privilégie « bleu marine », même si « bleu marin » est utilisé des deux côtés de l'Atlantique. Remplacer par « bleu marine ».

41) Turquoises : Couleur. Lorsqu'un nom est utilisé pour préciser la couleur, il est invariable (ex. orange, noisette, acajou). Remplacer par « turquoise ».

42) Portera fruit : Expression vieillie dans le reste de la francophonie, mais courante au Québec. Remplacer par « portera ses fruits ».

43) Mais : Virgule avant « mais ». Dans ce contexte, nous pouvons l'omettre, puisque « mais » se retrouve encadré entre deux virgules. Toutefois, l'important est de se rappeler que la virgule se place toujours avant « mais ».

44) Vous n’êtes pas sans ignorer : Expression altérée. Remplacer par « vous n'êtes pas sans savoir ».

45) Rabattre les oreilles : Expression altérée. Remplacer par « rebattre les oreilles ».

46) Initiées : Anglicisme sémantique. Remplacer par « lancées, instaurées ».

47) Des tout débuts : « Tout » en tant qu'adverbe ne peut modifier un nom. Remplacer par « des tout premiers débuts ».

48) Quoiqu’il en soit : Homophone grammatical. Remplacer par « quoi qu'il en soit ».

49) Voire même : Pléonasme. Utiliser seulement « voire » ou « même ».

50) Vous sablerez le champagne : Paronyme. Erreur ou non, tout dépend de la façon que vous le voyez : célébrer l'événement en buvant du champagne ou ouvrir une bouteille de champagne pour célébrer... Pour cette dernière, remplacer par « sabrerez le champagne ».


Sources : Banque de dépannage linguistique, OQLF
Multidictionnaire de la langue française
Rédaction technique, administrative et scientifique

mercredi 15 août 2007

Dictée de La Petite Turcotte*

Bon matin à tous!

J’espère que vous avez eu de la belle température et ce, à travers le Québec. En tentant de ne pas se rappeler des trente degrés sous zéro qui vous attendront à chaque jour cet hiver… ;)

Je me lâche lousse aujourd’hui : dictée! :) Je sens que la plupart d’entre vous attendiez cela avec impatience… En espérant que vous découvriez le moins d’erreurs possibles, cette dictée de la rentrée vous démontrera qu’il ne faut pas toujours prendre pour acquis la langue française…

C’est ce que je croyais lorsque j’ai mis les pieds sur le campus universitaire de Sherbrooke. Mes résultats académiques ne reflétaient pas le peu d’efforts déployés aux niveaux secondaire et collégial. Mes premiers balbutiements à l’université m’ont malheureusement acculé au pied du mur. À cause de mon entêtement et du support familial, j’ai mis l’emphase sur les études. Les années se sont succédées et ont pallié à mes erreurs d’autrefois. Dédiée à la langue de Molière, j’ai pu compléter mes études tel que prévu et atteindre mon but ultime : marier un programmeur. :)

À toutes fins pratiques, c’est à votre tour de jouer au correcteur aujourd’hui! Il m’apparaît des plus prématurés de vous avouer vaincu, mais prenez donc une chance… :)

Par le biais de ce blogue, vous avez l’opportunité d’apprendre quelques exceptions, dépendant de votre intérêt en la matière, bien sûr. Certains gens ayant déjà travaillé avec moi et s’étant posés de multiples questions auront déjà vu de leurs propres yeux des sujets de capsules parmi cette dictée. Plus d’un aiment bien me taquiner tant qu’à ma façon d’écrire haute en couleurs, préférant de loin le bleu marin et les nuances turquoises.

J’espère que cette dictée portera fruit mais, vous n’êtes pas sans ignorer, que je continuerai à vous rabattre les oreilles avec quelques capsules linguistiques initiées lors des tout débuts de ma vie active.

Quoiqu’il en soit, j’attends vos réponses avec curiosité, voire même avec impatience. Vous sablerez le champagne lorsque vous verrez les résultats… :)

Bonne chance et prenez votre temps!

*Indice
: 50 erreurs dans ce texte

vendredi 10 août 2007

À Paris ou sur Paris?

Je suis maso... :)

Comment aborder cette formulation qui est entrée dans l'usage de CERTAINS Français? Puisqu'elle est couramment employée pour signifier que les gens sont sur Paris, vont sur Paris ou habitent sur Paris.

Selon l'Office québécois de la langue française :

Après un verbe exprimant la direction, l'emploi de la préposition sur devant le nom d'une ville est réservé à la langue familière. Dans ce contexte, l'emploi de la préposition vers est préférable.

Exemples :
- Les automobilistes se dirigeant sur (vers) Paris doivent faire preuve de vigilance.
- Cet avion se dirige sur (vers) Miami.

Toutefois, sur peut précéder le nom d'une ville dans l'expression marcher sur une ville, qui signifie "faire mouvement en direction d'une ville pour la prendre d'assaut", en parlant d'une troupe.

Par ailleurs, on doit éviter d'utiliser la préposition sur devant le nom d'une ville lorsqu'on parle de la température qu'il y fait. Dans ce contexte, il vaut mieux utiliser la préposition à.

Exemples :
- Le thermomètre indique cinq degrés sur (à) Québec.
- On annonce moins 25 degrés sur (à) Montréal cette nuit. (Mmmmm... les bons souvenirs...)

Cependant, on peut utiliser sur devant le nom d'une ville lorsqu'on parle d'un phénomène atmosphérique qui s'y déploie, ou encore lorsque la ville est nettement perçue comme une surface.

Exemples :
- Il pleut sur Londres.
- On a lancé des bombes sur Bagdad hier.

Mon tendre époux me rappelle que c'est l'Office QUÉBÉCOIS de la langue française et n'est pas une référence pour la langue française de France. J'ai pourtant fouillé dans Le Petit Robert et autres sites de référence français, mais sans succès et sans réponse.

"Sur Paris", langue familière, langue de la rue, langue de tous les jours? (Je vous ai dit que j'étais maso... ;))

jeudi 9 août 2007

Août ou aoûtte?

Doit-on prononcer "août" comme [ou], [outte], [a-ou] ou [a-outte]?

Cet article de Cyberpresse met en lumière un récapitulatif du Conseil supérieur de l'audiovisuel (le pendant français du CRTC) qui suggère aux médias d'utiliser la prononciation [ou] qui est de mise.

Depuis des siècles, le mois d'août donne des migraines aux langagiers des deux côtés de l'Atlantique. Il semblerait que la plupart des ouvrages de référence conseillent davantage la prononciation [ou] que [outte], bien que cette dernière soit utilisée couramment dans les médias français. [A-ou] et [a-outte] seraient des prononciations archaïques et dialectales qui ne sont plus utilisées depuis le 16e siècle.

Disons que c'est dans la même veine que "but" prononcé [bu] ou [butte] et "ananas", [anana] ou [ananasse]. Doit-on mettre l'accent sur la consonne finale ou la conserver muette? Moi, je préfère la seconde option. :)

À la recherche du "e" perdu
Il y a des mots comme ça qui nous font tiquer des fois lorsqu'on les perçoit dans les médias. Lors des bulletins de nouvelles à la radio de Radio-Canada, il est courant d'entendre "s'crétaire" au lieu de "secrétaire". Est-ce que certaines syllabes doivent être éliminées pour faire la lecture des nouvelles plus rapidement? Ou ne serait-ce qu'une imitation du français de France, puisque nous l'entendons de cette façon dans les médias français? Éclairez-moi quelqu'un!

Aussi, certains Français disent couramment "Saint-D'nis" au lieu de "Saint-Denis". Parbleu, mais ajoutez-moi ce "e"!

jeudi 12 juillet 2007

Brun ou brin?

Le français de France et le français québécois ne sont pas différents uniquement dans le vocabulaire utilisé, mais également dans la prononciation de certains sons. Ça m'intrigue énormément cette différence, et j'aimerais bien avoir l'avis de mes amies linguistes (ou de notre cher professeur Pierre Martel) sur ce sujet. :)

Ainsi, les sons "un" et "an" ne sonnent pas comme les nôtres. Nous n'y faisons attention que lorsque cette différence nous frappe, c'est-à-dire quand nous devons épeler un mot ou un numéro de téléphone et que nous devons le répéter deux fois. :)

En effet, les Français prononcent "un" comme "in" et "an" ressemble davantage à "on". Je dis bien "ressemble" et non "équivaut". Une amie française me disait que notre "un" semblait provenir de notre proximité avec l'anglais, comme "brun" et "brown". Mais je ne suis pas convaincue... Et une Québécoise habitant l'Alsace racontait comment elle devait "réapprendre" à ses enfants (à moitié français) comment dire "maman", car ils avaient tendance à l'appeler "mamon". Et elle, pour les taquiner : "Appelez-moi moman bon!" :)

De plus, les "t" et "d" devant les voyelles "i" et "u" sonnent différemment comme si les Québécois rajoutaient un "z" ou un "s" entre les deux. Et quand on s'appelle "Kathy Turcotte", c'est très facile d'oublier ce détail et de devoir se reprendre pour l'épeler. Remarquez quand vous prononcez "di", "du", "ti" et "tu". Si vous n'entendez pas : "dzi", "dzu", "tsi" et "tsu", alors vous articulez très bien! C'est tout de même bizarre quand on n'y fait pas attention et quand on a toujours appris à le dire de cette façon...

mercredi 14 mars 2007

Vieux voisin 2 Kathy 0

1er round
Kathy
- Vanille, t'aimes ça te faire flatter?

Vieux voisin
- Ah, mais nous, quand on parle de flatter, on veut dire "faire plaisir à quelqu'un, être agréable, louanger". C'est du vieux français dans votre sens!

Et vlan!

2e round
Des Allemands étaient dans la cour pour faire un reportage sur une peintre de leur pays qui aurait habité dans un des ateliers. Notre vieux voisin répondait aux questions lorsque je suis sortie. Curieuse de nature, je lui demande en revenant c'était quoi cette "entrevue".

Vieux voisin
- Mais vous utilisez de ces expressions qui n'ont pas évolué comme la langue française. On parle d'entretien dans ce cas-là...

Re-vlan!

Je sens que je vais travailler mon orgueil...

jeudi 18 janvier 2007

Chronique linguistique : les anglicismes

La France étant le modèle à suivre quant à la qualité de sa langue française, le Québec se compare bien souvent vers le bas avec sa cousine. Depuis une semaine, nous sommes confrontés à un réapprentissage de la langue à bien des égards, puisque les anglicismes sont employés à toutes les sauces.

Donc, parlons anglicismes... Oui, les anglicismes sont bien ancrés dans le vocabulaire québécois et plus vicieux, puisque francisés (ex. : "pâte à dents" au lieu de "dentifrice") et apprêtés à même la structure des phrases. Cependant, je déteste les anglicismes les plus visibles, soit les termes anglais utilisés tels quels, alors qu'il y a un pendant francophone. En voici quelques exemples :

La vie de bureau
Benoît travaillant strictement avec des Français, il a visité l'open space (aire ouverte) de l'endroit, a pu faire un conf call (conférence téléphonique) et bien sûr reçoit des mail (courriel, mais bon, avant que ce terme soit accepté ici...). Il m'en a cité d'autres, mais je ne m'en rappelle plus...

La vie au McDo (Eh oui! Nous sommes allés au McDo...)
Voici une facture typique de ce cher Ronald (et vous saurez ce qu'on a mangé) :

- 2 Light Best Of (traduction : 2 Coke Diète)
- 2 Best Of Big Mac (traduction : Trio Big Mac)
- 1 Chicken 9 Nugget (traduction : 9 McCroquettes)
- 2 Frite Best Of

Le top du top
Les gens raffolent des revues people, et tout ce qui concerne les artistes, les personnalités publiques, les sportifs connus représente le people. Pour une fois, ils ont bien tenté de franciser un terme anglais, mais cela s'est avéré une catastrophe : "pipole". J'aurais dû le photographier pour vous le montrer... :)

En fait, je crois que les Français ne sentent pas leur langue menacée comme les Québécois peuvent le sentir chez eux entourés par les Canadiens anglais et les Étatsuniens. En espérant seulement que les anglicismes n'entreront pas en trombe dans le Larousse et Le Petit Robert, comme week-end...