jeudi 31 mai 2007

Opération cochenilles

Un autre inconvénient de la cour intérieure... Disons que nous ne savions pas que nous aurions la garde de deux lauriers, d'un cyprès, d'un olivier, d'un arbre à feuilles marrons (qui était déjà mort à notre arrivée, noyé dans des quantités d'eau) et de deux bambous...

J'aime bien la verdure, les arbres, les plantes, les fleurs, mais je n'ai aucune idée de comment les entretenir, à part le fait de les arroser. Je n'ai jamais eu un don pour ça, et plusieurs de mes plantes ont malencontreusement été les cobayes de mon enthousiasme. Certaines ont survécu grâce à leur endurance ou à leur faible besoin de soin. En fait, je me tanne vite quand il s'agit d'entretenir certaines choses, comme des poissons aussi...

Alors, depuis notre arrivée ici, ce sont plutôt les voisins qui arrosent les plantes à l'extérieur. Quand j'y pense, ils sont en train de le faire... Et là, malheur, nous n'avions pas remarqué avant de partir pour notre voyage que les cochenilles commençaient à envahir les deux lauriers roses (sur la photo). Deux semaines plus tard, elles ont proliféré comme ce n'est pas possible... En me renseignant sur Internet, j'ai vu que c'est justement au mois de mai que ces plantes sont plus susceptibles d'être touchées, puisque les oeufs éclosent. C'est vraiment dégueu comme bibittes : plein de carapaces rondes brunes qui ressemblent à des boutons. Alors, j'ai vidé une canette d'insecticide avant-hier (désolée pour les écolos, mais vu l'énormité de l'invasion, je ne pouvais faire autrement...) et j'attends les résultats. Quelques-unes semblent mortes, mais encore en position sur les branches.

J'ai besoin d'un coup de pouce vert : qu'est-ce que je fais après? Ou avez-vous des suggestions? Merci!

dimanche 27 mai 2007

Jour 1 : Paris-Bruges (32,8 km)

Le grand départ! Dans la grosse pluie. Mais tout équipés nous sommes. :)

Nous prenons le train pour Dunkerque (nord de la France) pour rouler une vingtaine de kilomètres jusqu'à De Panne, ville belge, pour reprendre le train pour Bruges où nous passerons deux autres jours afin de mieux profiter de la Venise du Nord.

La 1re boulette nous arrive dans le train dans la forme d'un contrôleur zélé qui ne sait pas lire les billets de train... Comme vous le savez, nous sommes en vélos, et il faut réserver sa place ainsi que celle des vélos dans les TGV qui circulent en France. La dame du guichet m'avait assuré que le tout était parfait. Donc, je n'avais pas analysé les billets à fond avant notre départ. Lorsque le contrôleur examine nos billets, il dit qu'il est indiqué qu'une seule place de vélo a été réservée et que nous devons payer le double pour l'autre. En "joualvert", nous tentons d'expliquer que ce n'est pas de notre faute si quelqu'un d'autre a fait une erreur et que nous ne devions pas payer pour ça. Sans succès. Après avoir payé, j'examine le billet et remarque que le total est correct et que le prix indiqué est celui pour une personne, mais qu'en le multipliant par deux, c'est tiguidou. Benoît court après le contrôleur pour clarifier la situation (eh ho!), mais le contrôleur conserve le billet pour expliquer son erreur à ses patrons. Cependant, nous devions garder les billets aller-retour pour avoir droit au tarif spécial... Et là, nous sommes arrivés à Dunkerque, et le contrôleur est parti dîner quelque part en ville. Nous expliquons la situation à un autre contrôleur (notre bon ami José, qui n'a que la moustache de Bové) qui tente de nous aider en partant à la recherche du contrôleur parisien. Et là, on voit que les Parisiens ont une belle réputation partout en province. En fait, c'est comme les Montréalais au Québec, mais en pire. ;)

Le billet en poche, nous pédalons vers De Panne et passons par la plage de Dunkerque. Et comme nous sommes chanceux, nous tombons en plein dans la course "les 4 jours de Dunkerque" que nous devons éviter en roulant sur les trottoirs au grand dam des spectateurs. Mais bon, nous avons eu l'approbation d'un gentil gendarme... Nous passons à côté d'un cimetière de guerre où les noms de Royer, Langevin apparaissent. Et nous arrivons finalement à De Panne où Benoît doit se débrouiller avec un commis flamand qui baragouine le français pour acheter nos billets pour Bruges (avec correspondance à Lichtervelde où le train nous a attendus... Oui oui.).

Belle Bruges
Quelle ville magnifique! Même si celle-ci nous accueille avec une averse, elle est des plus agréables à visiter... à pied. Parce que les pavés, c'est dur pour les vélos, les bras et les fessiers. L'architecture, les canaux et les ponts nous rappellent Amsterdam, mais la ville est moins sale et a un cachet plus intéressant avec sa Grande Place et ses églises que nous découvrons au fil de notre promenade.

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> Jour 2-3 : Bruges (des km dans la ville)

Jour 2-3 : Bruges (des km dans la ville)

Les rues de Bruges nous sont un peu plus familières depuis notre promenade d'hier. La ville possède vraiment un charme indéniable avec ses rues pavées, ses briques rouges, ses églises et ses canaux. Je la trouve plus belle qu'Amsterdam finalement.

Et nous sommes pris dans un dilemme : doit-on parler français ou anglais? Puisque nous sommes situés dans la région flamande de la Belgique, ces habitants parlent couramment néerlandais et non français. C'est la Wallonie qui est française. De plus, la Belgique ressemble (et je dis bien "ressemble" et non "semblable") au Canada avec ses deux solitudes : les Flamands et les Francophones. Les premiers sont plus nombreux, sont plus riches économiquement (les grandes villes de la Belgique : Bruges, Anvers, Gand, Bruxelles à la limite, se trouvent en Flandres), sont davantage polyglottes (ils apprennent quatre langues à l'école : néerlandais, français, anglais et allemand). Quant aux Francophones, ils apprennent le français, l'anglais et l'espagnol... et non la 2e langue officielle du pays. Selon notre hôtesse, ils ridiculisent les Flamands qui n'emploient pas un français parfait, même si eux ne parlent pas le néerlandais, et désirent obtenir davantage de l'économie flamande. Comme vous le voyez, j'ai dit "ressemble", puisque les Québécois (enfin, une partie) veulent justement se séparer du Canada et non profiter de ses ressources. Enfin bref, nous sentons une différence quand nous leur parlons en français, puisqu'ils sont un peu plus raides que lorsque nous passons pour des touristes anglais.

Nous continuons notre visite en faisant différents parcours touristiques qui nous mènent à nos premiers moulins du voyage, à une ancienne porte de la ville fortifiée, au Burg avec l'hôtel de ville, les bâtiments du Franc de Bruges et la Basilique du Saint-Sang. Et nous savourons les spécialités locales : moules, bière, chocolat... Menoum menoum. Nous rencontrons également un Québécois dans un resto italien. En fait, c'est la 2e fois que nous entendons l'accent québécois à Bruges. Et on se reconnaît parfois avant même de s'entendre parler : la physionomie québécoise est reconnaissable parmi celle des Européens. :)

Jour 3
Bip bip bip... Kessé ça? bip bip bip... Une alarme de feu? bip bip bip... Benoît se lève. bip bip bip... Yé quelle heure? 6 h, merde. bip bip bip... Ça doit être un toton qui a oublié d'enlever son alarme... bip bip bip... Eh oui! C'est ça. bip bip bip... Benoît cogne chez le toton. Personne. bip bip bip... Descend trois étages pour avertir la réception. bip bip bip... Personne. bip bip bip... Appelle la réception. bip bip bip... Le proprio de l'hôtel monte en bobette pour éteindre le réveil. Mmmm... Sommeil.

Nous avons une discussion avec l'hôtesse et des clients français concernant la Wallonie et la Flandre comparativement au Québec et Canada. Ça vire sur l'immigration et l'adaptation des immigrants en France et au Canada. Selon leurs propos, ils ont probablement voté Front national ou Sarkozy aux dernières élections présidentielles...

Bruges n'a presque plus de secret pour nous, mais nous n'avions pas encore visité son quartier le plus touristique. Et c'est ce qu'on a fait pour cette dernière journée en découvrant le Beginhof, d'autres rues pavées et d'autres coins plus pittoresques.

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> Jour 4 : Bruges-Vlissingen

Jour 4 : Bruges-Vlissingen (45,2 km)

Des trombes sont tombées le matin et nous font prévoir le pire pour la journée. Tout équipés pour la pluie : manteau et pantalon de pluie, sac de protection pour les sacoches de vélo, sac en plastique dans les souliers, nous partons de Bruges pour cinq jours de vélo. Nous longeons le canal et voyons une grande diversité d'oiseaux (j'ai pensé à Madeleine). Et les vaches sont légions dans les campagnes environnantes, tant belges que néerlandaises (j'ai pensé à Lucie).

Ce mercredi était la journée des bobos... Subjuguée par la mer devant moi, j'oublie de "décliper" mes souliers de mes pédales et tombe sur le nerf du coude qui fait résonner tout mon bras et mon cerveau. Vous connaissez ma peur de la douleur, mais mon merveilleux mari attentionné s'est occupé de moi. Ensuite, c'est lui qui s'est râpé les jointures de la main gauche sur un mur en tentant de reprendre son équilibre.

Nous prenons le traversier à Breskens pour rejoindre Vlissingen où nous mangerons des hamburgers qui ne le sont pas : pain sous-marin avec boulette ovale au goût de saucisse. Ouep. Et nous arrivons une heure et demie à l'avance pour le check-in de l'hôtel. Benoît décide d'aller à l'Office de tourisme pour voir s'il n'y a pas un autre hôtel où il prendrait Visa et s'ils ont des cartes plus précises pour les pistes cyclables. Une heure plus tard, je capote un peu. Pas de Benoît. Et le gars avait dit que ce n'était pas loin... Malheureusement, j'ai tendance à craindre le pire quand je suis toute seule : une ambulance vient de passer, il lui est peut-être arrivé quelque chose; il est parti avec mon passeport et toutes mes cartes d'identité et de crédit (chu dans marde) et autres scénarios catastrophiques. J'angoisse, mais me calme quand je vois le casque rouge et noir au loin (pas grand casque de vélo dans la région à part nous). Ouf! Nous faisons un petit tour de ville avant de chercher le cinéma qui est finalement à côté de l'hôtel... C'est dans notre karma.

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> Jour 5 : Vlissingen-Ouddorp

Jour 5 : Vlissingen-Ouddorp (70,2 km)

Belle surprise ce matin : le Téléjournal de Radio-Canada passe à TV5 Monde. Bern est aux Pays-Bas! :) Ainsi, nous pourrons suivre l'actualité québécoise pendant notre voyage. Mais bon, on se rend compte qu'il ne se passe pas grand-chose ces temps-ci au Québec à part le départ d'André Boisclair (puis-je dire Yé!), le début de course entre Duceppe et Marois et la peut-être future grève de la STM (non mais). Le reste parle d'international. Mais nous vous suivons, nous vous suivons... :)

Malheureusement, le ciel gris et la pluie semblent vouloir nous suivre. Encore une fois tout équipés pour la mauvaise température (sans les sacs dans les souliers cette fois-ci), nous partons de Vlissingen pour suivre le canal jusqu'à Middelburg où cela prendra trois tentatives pour trouver la bonne direction. À la 1re, Benoît me fait une peur bleue en s'étalant de tout son long sur la rue pendant qu'une voiture s'en vient (sa roue coincée dans un rail de tramway). Plus de peur que de mal. C'est ce qu'il y a de bien avec un pays habitué aux vélos : les gens n'accélèrent pas chaque fois qu'ils en voient un... En fait, il y a trop d'indications, mais aucune trace de la LF1. Nous sillonnons donc la ville pour mieux en ressortir.

Nous atterrissons à Veere, joli port de plaisance, qui a conservé ses ruelles pavées et ses monuments pittoresques malgré les inondations. Les dunes, la mer et le soleil nous attendent au coin pour nous faire regretter de les délaisser, car, au loin, nous appelle le barrage de l'Escaut oriental avec ses nuages gris et ses présages de pluie. Fausse alerte : le soleil revient et nous accompagnera jusqu'à la fin. Ou presque. La LF1 nous fait faire un détour dans une réserve naturelle où nous finirons à Haamstede dans un marché en plein air où chacun recherche quelque objet le moins cher. Une épreuve pour la patience et l'agoraphobie. Villes, forêts, champs et digues se suivent. Et une bonne crème glacée sur le bord de la mer crée une bonne pause. Mais attention : un panneau nous avertit du passage de coqs sauvages... Oui, oui, on les a vus. Voir photos. :)

Arrivé à l'hôtel, Benoît se demande comment se terminera ce voyage de noces : à Bruges, grand lit double, à Vlissingen, deux lits simples collés comme un lit double et à Ouddorp, deux lits simples séparés... Il se dit que nous finirons bien dans deux chambres séparées... :)

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> Jour 6 : Ouddorp-Hoek van Holland

Jour 6 : Ouddorp-Hoek van Holland (53,6 km)

Après s'être perdus dans Ouddorp (ville ressemblant à Laval où toutes les maisons sont pareilles), nous sillonnons des champs de vaches, de chevaux, de poules et de moutons sur les îles du Delta. Celles-ci se trouvent au-dessous du niveau de la mer ou à moins de 5 m d'altitude, d'où les digues et les barrages qui les bordent le long de la côte. En fait, ces régions ont subi de sérieuses inondations au fil des années. En 1421, les flots ont englouti 65 villages et 10 000 personnes et ont atteint la ville de Dordrecht. En 1953, un raz-de-marée a rompu les digues en plusieurs endroits et a submergé les îles faisant 1 835 morts et 500 000 sinistrés. Ainsi est né le plan Delta trois ans plus tard où il était question de barrages principaux et secondaires qui devront barrer les bras du Delta. Le barrage de l'Escaut oriental que nous avons traversé hier en fait partie.

Les pistes sont tellement belles que nous parcourons tous ces kilomètres sans trop de fatigue ni écoeurement contrairement à la ?%! de Loire. Elles ne sont jamais sur les autoroutes ou les routes passantes, toujours séparées de la circulation fréquente. Après s'être perdus à Goederedee (eh oui!), nous avons retrouvé par hasard notre chemin à cause des "trop" nombreuses pistes qu'on retrouve dans chaque ville et qui les relie entre elles. Pour le dîner, nous devons nous y retrouver dans le menu en néerlandais. Pas grand mot ou ressemblance qui peut nous éclairer. Je commande donc un macaroni (une valeur sûre et sur le pouce, ce n'est pas évident de manger des choses non frites...). Vous auriez dû voir le macaroni et ma face... Sur mon macaroni étaient posés un oeuf miroir et une tranche de jambon. Une spécialité locale, j'espère. Crampé de rire, Benoît n'a pu s'empêcher de prendre une photo. :) En fait, ça fait longtemps que je "chiale" que les Européens (Français, Belges, Hollandais) mettent des oeufs partout : sandwich, salade, pizza et là, macaroni.

Nous continuons notre route en traversant Brielle, joli village avec bateaux, pour rejoindre Rozenburg et l'Europoort, port commercial hyper moderne et super laid, afin de prendre le traversier pour atteindre Maasluis (où nous nous perdons, bien sûr) et filons à travers les bois pour Hoek van Holland où notre hôtel se révèle à côté de la piste. Yé! Pas de cassage de tête. Pour bien terminer la journée, nous nous bourrons dans un resto indonésien. Étant une ancienne colonie des Pays-Bas, l'Indonésie est très présente parmi l'art culinaire du pays, puisque nous retrouvons beaucoup d'épices (curry, paprika, cumin) dans les plats néerlandais.

Dodo dans une belle chambre pour fumeurs (les allergies de Benoît aiment ça...) et demain les tulipes!

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> Jour 7 : Hoek van Holland-Noordwijkerhout

Jour 7 : Hoek van Holland-Noordwijkerhout (65 km)

Le vent dans le dos. Wouhou! Nous roulons 25-30 km/h sans pédaler. Benoît s'énerve un peu et se tappe un 48 km/h... :) Notre parcours se fait dans les dunes sur les bords de mer et nous faisons office de Winnebago pour les cyclistes sur leurs vélos de course et d'extraterrestres avec nos casques de vélo et nos nombreux bagages. Pour des gens nés avec un vélo, ils ne sont habitués de voir des cyclotouristes avec tout leur attirail. Alors, impossible de passer inaperçus, nous attirons tous les regards.

En traversant la ville de La Haye, nous faisons un arrêt obligatoire à Madurodam, dont j'entends parler depuis longtemps. Benoît y est allé tout petit et voulait y retourner. Donc, nous y voilà. Et par chance, c'est juste à côté de la piste. Yé! Nous ne nous perdrons pas dans cette ville au moins... Alors, Madurodam regroupe tous les grands bâtiments de la Hollande en miniature : les moulins, les immeubles et les rues d'Amsterdam, l'aéroport d'Amsterdam Schiphol avec quelques modèles d'avions dont le Concorde, le Rijksmuseum, la cathédrale d'Utrecht et autres. Impressionnant comme travail. Tannés de se faire cuire au soleil (eh!), nous entrons au Magic Ice Zoo où il fait -8 degrés Celsius pour conserver toutes ces sculptures de glace.

Par la suite, nous traversons les quartiers cossus de La Haye où chevaux, vélos et voitures se partagent la route. Nous retournons dans les dunes et les bords de mer où le vent nous aide à avancer ou à reculer... Arrivés à notre hôtel plus tôt que prévu, nous décidons de visiter les jardins de tulipes à Keukenhof qui sont à sept kilomètres de notre hôtel. Notre hôte nous avertit qu'il se peut qu'il n'y ait plus de tulipes, puisque la saison a commencé trois semaines plus tôt que la normale. Too bad, tant qu'à être là, nous y allons. Et bien, il avait raison : pu de tulipes, excepté quelques fortes têtes qui ont la mine basse... Déception totale. Et ce qu'on apprend et ce qui aurait dû nous mettre la puce à l'oreille est que tous les champs qui entourent Keukenhof (dont ceux entourant notre hôtel) auraient dû être parsemés de tulipes colorées, mais il n'y avait que du vert... Maudits changements climatiques. Nous reviendrons!

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> Jour 8 : Noordwijkerhout-Amsterdam

samedi 26 mai 2007

Jour 8 : Noordwijkerhout-Amsterdam (40 km)

Galarneau est avec nous de nouveau! :) Journée mollo. Direction Amsterdam. Notre hôte a bien voulu nous aider en nous trouvant une carte avec les chemins pour Amsterdam qui longeraient les digues et nous prolongeraient d'une dizaine de kilomètres. Est-ce que nous avons besoin de ça? Niooonnn... Nous ne l'écoutons pas et suivons les indications sur les poteaux. Nous optons pour la sécurité et suivons le canal. Passant tout près de l'aéroport Schiphol d'Amsterdam, nous voyons les avions atterrir aux deux minutes. Gros monstres de fer.

Amsterdam... Ville de canaux, d'art, de drogue et de sexe, drôle de mélange. Nous parcourrons la ville à pied (une pause vélo bien méritée après cinq jours sans arrêt) et rejoignons les multiples touristes présents aux yeux rouges et au sourire figé. Non, tout le monde n'est pas là que pour ça. Il y a aussi des hordes de mâles dans le Red Light qui reluquent les mannequins vivants dans les fenêtres au néon rouge. Elles sont plus jeunes et plus mignonnes (pour la plupart) que dans nos souvenirs, mais font toujours autant pitié. De la chair en vitrine. Je ne connais pas leurs conditions, mais elles sont sûrement (enfin, j'espère) mieux traitées que celles dans la rue... Les marchés de bulbes et de babioles de toutes sortes sont partout : des jujubes et des salières en forme phallique, des bobettes avec des feuilles de pot, des t-shirts avec des personnages en position digne du Red Light, des pantoufles en sabots, des graines de pot... Nous visitons une exposition de Lego où Benoît redécouvre l'un des premiers jouets qu'il avait tout petit. Ah nostalgie!

Nous n'en revenons pas de la place du vélo aux Pays-Bas. Il est partout. Les pistes cyclables sont partout. Tout le monde est super civilisé, tant les cyclistes que les automobilistes, d'où le non-port du casque de vélo. Montréal devrait prendre exemple...

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> Jour 9 : Amsterdam

Jour 9 : Amsterdam

De bon matin, nous visitons le Rijksmuseum où plusieurs toiles de Vermeer et de Rembrandt s'y trouvent. Nous habitions tout près lors de notre premier séjour à Amsterdam et nous nous étions jurés d'y aller lors de notre prochaine visite.

Chose promise, chose due. Mais chose un peu déçue. Nous nous attendions à une plus grande collection de toiles des peintres hollandais, vu l'étendue du musée, mais il en était tout autre. Depuis 2005, la plupart du musée est en rénovation, et ce sont les tableaux les plus célèbres qui sont en exposition. L'histoire des Pays-Bas y était très bien représentée et surtout très détaillée grâce à l'audioguide. Ainsi, j'ai pu voir mes grandes connaissances culturelles en voyant le tableau "La laitière" de Vermeer et en faisant le lien avec une marque de yogourt... L'image et le nom de la laitière ont été récupérés par Nestlé. Ayoye! La culture.

Nous avons continué notre visite d'Amsterdam à pied en nous demandant quel musée pouvions-nous encore visiter : le Musée de la torture, le Musée de l'érotisme, l'Expérience Heineken, le Musée du cannabis... Trop de choix, trop de choix... En fait, nos conseils pour tous ceux désirant visiter Amsterdam : la maison d'Anne Frank, le musée Van Gogh et une virée sur les canaux.

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> Jour 10 : Amsterdam-Noordwijk

Jour 10 : Amsterdam-Noordwijk (52,3 km)

Ayant divergé de la LF1 lorsque nous sommes entrés à Amsterdam, nous comptons prendre un chemin différent (la LF20) qui nous mène à Haarlem pour ensuite reprendre la LF1 qui longe la mer du Nord pour rejoindre Noordwijk, ville balnéaire.

Nous repassons par le Vondelpark, très beau parc qui ressemble au parc Lafontaine, mais avec plus d'arbres et plus de cours d'eau. Nous suivons donc la LF 20 qui disparaît quelque part en banlieue en construction... Perdus dans la bruine et les immeubles orange, nous demandons notre chemin à une dame qui nous sauve et nous dirige sans le savoir vers la bonne direction. Ainsi est né l'adage : L'art de se perdre sans se perdre. Nous avons remarqué que nous avons un don pour nous perdre, mais sans vraiment se perdre, puisque nous retrouvons toujours notre chemin par hasard, par réflexion ou par indication imprécise. Puis-je dire "mardeux"... :) Et oh surprise!, nous croisons la LF1 un moment donné pour retrouver nos dunes et nos forêts. Soulagement. Nous terminons la soirée dans un hôtel avec vue sur la plage, bonne bouffe et bon vin (nous avons les yeux tout petits et disons plein de niaiseries). Que la vie est difficile... ;)

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> Jour 11 : Noordwijk-Delft

Jour 11 : Noordwijk-Delft (35 km)

Après avoir fait le plein de mer, direction Delft. Auparavant, nous ferons un arrêt à La Haye où nous visitons le Mauritshuis, musée consacré au siècle d'or néerlandais où se trouvent le fameux tableau "La Jeune Fille à la perle" de Vermeer et "La leçon d'anatomie du docteur Tulp" de Rembrandt.

Tout d'abord, nous repassons par la LF1 dans les dunes où le paysage reste toujours aussi serein et quelque peu arctique par ses arbustes et ses courtes herbes. Malgré le vent dans le visage, le tout se roule assez bien, ce qui nous donnera amplement le temps de visiter le musée. Intime, il offre que quelques salles à visiter d'où ressort une certaine tranquillité pour le visiteur, loin de l'ambiance du Rijksmuseum empli de groupes de jeunes qui ne désirent pas être là ou qui comblent les vides de leurs questionnaires d'école à voix haute... Enfin, nous étions là pour "La Jeune Fille à la perle" qui nous a séduit par le jeu des couleurs et l'effet de lumière.

Un truc intéressant: l'audioguide était gratuit, ce qui permet d'en savoir plus sur la vie de l'artiste ou sur le contexte de l'oeuvre. Mais on doit avouer qu'on a trouvé parfois un peu trop tirées par les cheveux certaines interprétations de la signification de tableaux... Profanes que nous sommes. (Note de Benoît : Cela dit, La Jeune Fille à la perle est magnifique. Je suis resté scotché devant pendant dix bonnes minutes... J'étais vraiment content d'avoir fait le détour par ce musée!)

Fin de l'intermède culturel, nous enfourchons nos montures pour braver le centre-ville de La Haye qui est en construction (Plusieurs villes étaient en construction. En fait, ce sont dans celles-ci que nous nous sommes perdus la plupart du temps... Certaines indications avaient malencontreusement disparu. Oups! Mais nous pouvons toujours compter sur ces chers habitants qui sont toujours là pour aider les touristes désemparés.) Direction Delft, ville où est né Vermeer, ce peintre qui a eu une courte carrière, puisqu'il n'a peint que 35 tableaux. Jolie ville avec multiples églises, canaux et place du marché où notre hôtel est situé. Nous sillonnerons la ville à la recherche d'un café Internet qui nous permettra de trouver un hôtel dans la prochaine ville : Breda. Nous improvisons depuis Amsterdam, et c'est ce qui arrive lorsque quatre personnes nous donnent de mauvaises informations : nous tournons en rond. Mon merveilleux mari trouve finalement une gentille dame qui nous permet de nous servir de l'ordi de l'hôtel gratis. Merci merci merci. Bingo! Un hôtel libre. Et l'esprit libre pour le reste de la soirée... ZZzzzzzz...

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> Jour 12 : Delft-Breda

Jour 12 : Delft-Breda (76 km)

Grosse journée en perspective : plus de 80 km pour aujourd'hui. Destination impérative à voir aujourd'hui : Kinderdijk où se trouvent 19 moulins à vent, site placé en 1997 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

De Delft, nous passons par Rotterdam, 2e plus grande ville des Pays-Bas (où nous ne ferons que passer ou nous perdre) pour parvenir à Kinderdijk. Surprise : nous devons prendre un traversier pour nous y rendre. Et ça en vaut la peine. Le nombre de moulins situés au même endroit est impressionnant. Nous en avons bien vu quelques-uns ici et là depuis le début, mais c'était toujours un moulin perdu au milieu de nulle part ou coincé dans la ville. Mais tous ces vieux moulins bien conservés et situés dans leur état naturel, c'est magique.

Ayant fait le plein de photos, nous repartons vers une heureuse surprise : un autre traversier mène vers Dordrecht qui est sur notre chemin, ce qui nous fait sauver plus d'une heure et plus d'une vingtaine de kilomètres. Ok, nous trichons, mais si nous ne voulons pas souffrir d'une "écoeurantite" aigüe de vélo, je crois que nous le méritons... Arrivés à bon port, nous roulons dans les villages et les champs en direction de Breda où nous avons "cr..." hâte d'arriver. Tellement crevés, nous mangeons et nous nous couchons après le repas. La fatigue, le soleil et les crises d'allergie de Benoît ne font que nous abrutir chaque soir. Et ils annoncent de la pluie pour demain et pour les cinq prochains jours, ce qui nous fait penser à repartir plutôt demain qu'après-demain... On verra demain matin.

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> Jour 13 : Breda-Paris

Jour 13 : Breda-Paris (27 km)

Notre périple s'arrête aujourd'hui. La mauvaise température l'aura emporté sur nos courbatures quotidiennes et nos égarements. Et pour accélérer notre retour, nous décidons de prendre le train de Breda à Roosendaal (où nous nous sommes "amusés" à descendre de l'ascenseur, à monter dans un autre ascenseur pour reprendre le premier ascenseur...), ensuite de Roosendaal à Bruxelles (où nous avons appris qu'il aurait fallu descendre à la gare du Nord, plutôt qu'à la gare centrale, puisque les trains partant de celle-ci n'acceptent pas les vélos... Mais ça, personne ne nous l'avait dit en partant. Nous avons donc dû rouler quelques kilomètres dans les laides rues de Bruxelles pour atteindre l'autre gare.), et puis de Bruxelles à De Panne où nous roulerons une vingtaine de kilomètres pour atteindre Dunkerque et reprendre le train pour Paris. Ouf! Quatre trains en une journée...

Nous avons bien fait d'abréger notre voyage d'une journée, car les gros nuages et les éclairs nous attendaient en arrivant à Paris. Nous étions partis sous la pluie et nous revenions sous la pluie! Après toutes ces journées de beau temps, c'était vraiment ironique. Malgré les ecchymoses, les coups de soleil et la fatigue, nous le conseillons à tous, car vous aurez des cuisses et des mollets d'enfer! :) Nous y retournerons d'ici quelques années lorsque les circuits seront plus définis et que des cartes de ceux-ci seront disponibles.

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dimanche 20 mai 2007

On pense a vous! ;-)

(Desole pour les accents-pas-la, maudits claviers neerlandais!)

Nous sommes presentement a Amsterdam apres plus de 250km de velo depuis Dunkerque (on a triche en prenant un peu le train zaussi...). Kathy vous racontera tout en detail a notre retour!





Petit resume :
- Ca a commence par de la pluie...
- Mais Galarneau s'est finalement pointé!
- En Flandre (Belgique), on a un meilleur service quand on parle anglais... les francophones ne sont vraiment pas populaires ici...
- Les légendes sont vraies : Les Pays-Bas sont VRAIMENT le paradis du vélo! Des pistes partout partout!
- Il faut laisser une petite heure a Kathy le matin pour la voir sourire un peu... :)


- Benoit

P.-S. On a finalement trouvé le é!
P.-P.-S. Photo prise sur le bord de la mer du Nord, au sud de Ouddorp... apres une bonne creme glacée molle...

dimanche 13 mai 2007

C'est reparti!


C'est ce matin le grand départ : 2 semaines de vélo en Belgique et aux Pays-Bas. C'est notre voyage de noces officiel ;-).

Au programme pour cette première journée: 2 trajets en train séparés par une trentaine de kilomètres de Vélo.

On passera les 2 jours suivant à Bruges.

De retour à Paris le 26!


Et bien sûr, le temps est super gris et on annonce de la pluie...

mercredi 9 mai 2007

La Loire à vélo

Comment résumer notre balade dans la Loire... Disons "Oh non! Wow! Aïe! Zut! Re-zut! Ouch!" Ouin, je pense que c'est à peu près ça... :)

Optimiste étais-je, écoeurée fus-je... Les quatre jours prévus se sont transformés en trois (pour cause de mauvais temps) et les 250 kilomètres en 200 (pour cause d'écoeurement et de mauvaises pistes).

Mais bon, la Loire est quand même une magnifique région avec ses paysages champêtres et ses multiples châteaux : le côté positif du voyage.

Jour 1 : Orléans - Chambord - Mont-près-Chambord (75 km)
Le début de notre périple aurait dû nous éclairer quant à la suite des événements. Perdus dans les rues de cette ville royale qui a été délivrée par Jeanne d'Arc en 1429, nous avons pris près d'une heure pour en sortir sur des pistes en construction. La madame était pas contente...

Après avoir parcouru des champs de blé, de coquelicots et des vignes, nous nous sommes arrêtés dans la ville de Beaugency. Ses vieilles rues, son architecture, son pont et son allée de platanes nous ont séduits et nous ont fait regretter de ne pas avoir commencé là. Ensuite, nous sommes passés près de Springfield. :) Pas habitués de voir ça au Québec, ces monstres-là.

Direction Chambord où nous attend ce merveilleux château de style Renaissance commandé en 1519 par François 1er pour se rapprocher de sa maîtresse, la comtesse de Thoury. Quelques éléments architecturaux témoignent de l'apport de Léonard de Vinci dans la construction, même s'il est mort quelques mois avant le début du chantier. Comme vous pouvez le voir, nous étions crevés en arrivant et devions encore trouver le chemin pour se rendre à l'hôtel. Arriva ce qui devait arriver : nous nous sommes perdus... Mais l'accueil et la gentillesse de nos hôtes, Éliane et Jean-Luc, nous ont fait oublier tout le reste. Enfin presque... Nos jambes douloureuses nous le rappelaient, mais nous nous disions sans cesse "Ça change le mal de place...".

Jour 2 : Mont-près-Chambord - Chaumont-sur-Loire - Chenonceau (75 km)
Perdus dans les rues...
Perdus dans les bois...
Perdus dans les champs...
Perdus dans la forêt...
Perdus dans les chemins...

Heureusement, nous sommes toujours tombés sur des gens aimables qui nous ont remis sur le droit chemin. Entre ces égarements, nous avons vu le château de Chaumont-sur-Loire (en rénovation) et celui de Chenonceau. Ces deux châteaux sont reliés dans l'histoire par Diane de Poitiers et Catherine de Médicis, toutes deux compagnes de Henri II (la première étant sa favorite et la deuxième, sa femme). Chenonceau ayant été offert à Diane de Poitiers par Henri II, Catherine de Médicis a repris le château à la mort de son mari et a forcé Diane de Poitiers à prendre Chaumont en échange.

Jour 3 : Chenonceau - Tours - Langeais (41 km)
La pire journée de toutes. Après 150 kilomètres sur des pistes pas toujours praticables, nous avions décidé de prendre ça tranquille et diminuer le kilométrage de la journée. Erreur. En désirant prendre des raccourcis selon le trajet de La Loire à vélo, nous avons échoué dans les bois et les sentiers rocailleux où la mauvaise condition des chemins a découragé nos membres et notre moral. La pluie et les mauvaises indications n'ont pas aidé... Nous avons pris le train à Tours (après avoir cherché la gare un bon bout de temps) pour terminer à Langeais où le château a été le théâtre du mariage secret qui a uni Anne, duchesse de Bretagne âgée de 14 ans, au roi de France, Charles VIII le 6 décembre 1491.

Jour 4 : Langeais - Paris
Jour de pluie. Nous devions visiter Villandry, Azay-le-Rideau, Ussé et peut-être Chinon. Mais découragement et fatigue nous font prendre le train pour retourner dans nos pénates parisiennes. Ce voyage nous aura révélé les choses à faire et à ne pas faire pour les deux semaines aux Pays-Bas, ce qui résulte en quelques conseils pour ceux désirant faire La Loire à vélo (ou tout autre projet de cyclotourisme) :

- Prévoyez un kilométrage quotidien plus bas que ce que vous croyez être capable de faire (vous en ferez toujours plus que prévu);
- Munissez-vous de plusieurs cartes;
- Préférez une petite ville comme point de départ, ce qui vous évitera de vous perdre dans un dédale de rues;
- Suivez les sentiers de La Loire à vélo ou, devrais-je dire, tentez de suivre les indications pour La Loire à vélo. Évitez TOUTE initiative de prendre d'autres chemins (vous pourriez vous retrouver sur des autoroutes ou des chemins consacrés à l'équitation, ce qui n'est pas indiqué comme tel sur la carte...) Sinon vous perdrez du temps, des kilomètres et vous-mêmes;
- Prenez un hôtel près du parcours, même si vous trouvez que c'est plus cher qu'un hôtel à distance moyenne des sentiers. Vous évitez ainsi d'ajouter des kilomètres à votre corps qui n'en a pas vraiment besoin en fin de trajet.