Mon père avait raison
Pour célébrer les 50 ans de la mort de Sacha Guitry, auteur, comédien et metteur en scène, le Théâtre Edouard VII affiche deux pièces de cet auteur prolifique dont Mon père avait raison que nous sommes allés voir avec Claire et Robert.
Tout d'abord, ce théâtre est magnifique! Situé entre la Madeleine et l'Opéra, le Théâtre Edouard VII est paré de dorures, de velours rouge et de lustres. Construit en 1913 pour le roi Edouard VII d'Angleterre surnommé "le plus parisien des rois anglais", ce théâtre est vite animé par les personnalités les plus illustres du théâtre français, dont Sacha Guitry.
Écrite en 1919, Mon père avait raison mettait en scène Sacha Guitry et son père, Lucien. Un autre père, Claude Brasseur, et son fils, Alexandre, ont pris le relais en 2007. Une histoire d'hommes, d'égoïsme, de malheur, de bonheur... où "il n'est pas étonnant que les enfants ressemblent à leur père, puisque tous les hommes sont pareils!" Un homme qui ne veut pas ressembler à son père, mais qui voit avec les années que les gênes sont plus forts que tout. Et que son père n'avait pas aussi tort qu'il le croyait finalement...
Aux deux canards
Pour finir la soirée en beauté, un très bon resto : Aux deux canards, 8, rue Faubourd-Poissonnière. Un resto typiquement français avec des tables où on mange au coude à coude, des ardoises avec des petits mots disposés un peu partout et une carte de menus à faire damner les plus gourmands. Exemples : foie gras aux myrtilles, salade de magret de canard à la mangue, escargots au beurre rouge, bourguignon de canard au miel d'orange... et ça continue comme ça. Drôle et sympathique, le chef Gérard nous a expliqué la recette du miel d'orange créé par Catherine, l'inventrice et peut-être sa mère (on n'est plus certain). Il nous a également conseillé d'essayer chacun les quatre apéritifs de la maison : kir à la cerise, vin à l'orange, vin aux noix et rouge gorge. Franchement, tout était délicieux et une soirée ne suffit pas...
Appelé tout d'abord La Fauvette, le restaurant a ouvert ses portes en 1942 sous l'Occupation et vivait au rythme des équipes qui se relayaient à l'imprimerie d'en face. Cette dernière sera au coeur de la résistance en imprimant la nuit le journal Combat signé entre autres par Albert Camus, Jean-Paul Sartre et André Malraux, tandis que, de jour, les mêmes rotatives publiaient le Matin du maréchal Pétain et de la propagande pour les Allemands. Le communisme ayant été interdit, les journalistes de gauche se réfugient au restaurant qui devient ainsi Aux deux canards en référence au jargon d'entreprise : journal = canard. Afin de filtrer les entrées, une tirette est installée à la porte pour mieux protéger les journalistes. Elle s'y trouve encore aujourd'hui en souvenir de cette époque.
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