jeudi 31 mai 2007

Opération cochenilles

Un autre inconvénient de la cour intérieure... Disons que nous ne savions pas que nous aurions la garde de deux lauriers, d'un cyprès, d'un olivier, d'un arbre à feuilles marrons (qui était déjà mort à notre arrivée, noyé dans des quantités d'eau) et de deux bambous...

J'aime bien la verdure, les arbres, les plantes, les fleurs, mais je n'ai aucune idée de comment les entretenir, à part le fait de les arroser. Je n'ai jamais eu un don pour ça, et plusieurs de mes plantes ont malencontreusement été les cobayes de mon enthousiasme. Certaines ont survécu grâce à leur endurance ou à leur faible besoin de soin. En fait, je me tanne vite quand il s'agit d'entretenir certaines choses, comme des poissons aussi...

Alors, depuis notre arrivée ici, ce sont plutôt les voisins qui arrosent les plantes à l'extérieur. Quand j'y pense, ils sont en train de le faire... Et là, malheur, nous n'avions pas remarqué avant de partir pour notre voyage que les cochenilles commençaient à envahir les deux lauriers roses (sur la photo). Deux semaines plus tard, elles ont proliféré comme ce n'est pas possible... En me renseignant sur Internet, j'ai vu que c'est justement au mois de mai que ces plantes sont plus susceptibles d'être touchées, puisque les oeufs éclosent. C'est vraiment dégueu comme bibittes : plein de carapaces rondes brunes qui ressemblent à des boutons. Alors, j'ai vidé une canette d'insecticide avant-hier (désolée pour les écolos, mais vu l'énormité de l'invasion, je ne pouvais faire autrement...) et j'attends les résultats. Quelques-unes semblent mortes, mais encore en position sur les branches.

J'ai besoin d'un coup de pouce vert : qu'est-ce que je fais après? Ou avez-vous des suggestions? Merci!

dimanche 27 mai 2007

Jour 1 : Paris-Bruges (32,8 km)

Le grand départ! Dans la grosse pluie. Mais tout équipés nous sommes. :)

Nous prenons le train pour Dunkerque (nord de la France) pour rouler une vingtaine de kilomètres jusqu'à De Panne, ville belge, pour reprendre le train pour Bruges où nous passerons deux autres jours afin de mieux profiter de la Venise du Nord.

La 1re boulette nous arrive dans le train dans la forme d'un contrôleur zélé qui ne sait pas lire les billets de train... Comme vous le savez, nous sommes en vélos, et il faut réserver sa place ainsi que celle des vélos dans les TGV qui circulent en France. La dame du guichet m'avait assuré que le tout était parfait. Donc, je n'avais pas analysé les billets à fond avant notre départ. Lorsque le contrôleur examine nos billets, il dit qu'il est indiqué qu'une seule place de vélo a été réservée et que nous devons payer le double pour l'autre. En "joualvert", nous tentons d'expliquer que ce n'est pas de notre faute si quelqu'un d'autre a fait une erreur et que nous ne devions pas payer pour ça. Sans succès. Après avoir payé, j'examine le billet et remarque que le total est correct et que le prix indiqué est celui pour une personne, mais qu'en le multipliant par deux, c'est tiguidou. Benoît court après le contrôleur pour clarifier la situation (eh ho!), mais le contrôleur conserve le billet pour expliquer son erreur à ses patrons. Cependant, nous devions garder les billets aller-retour pour avoir droit au tarif spécial... Et là, nous sommes arrivés à Dunkerque, et le contrôleur est parti dîner quelque part en ville. Nous expliquons la situation à un autre contrôleur (notre bon ami José, qui n'a que la moustache de Bové) qui tente de nous aider en partant à la recherche du contrôleur parisien. Et là, on voit que les Parisiens ont une belle réputation partout en province. En fait, c'est comme les Montréalais au Québec, mais en pire. ;)

Le billet en poche, nous pédalons vers De Panne et passons par la plage de Dunkerque. Et comme nous sommes chanceux, nous tombons en plein dans la course "les 4 jours de Dunkerque" que nous devons éviter en roulant sur les trottoirs au grand dam des spectateurs. Mais bon, nous avons eu l'approbation d'un gentil gendarme... Nous passons à côté d'un cimetière de guerre où les noms de Royer, Langevin apparaissent. Et nous arrivons finalement à De Panne où Benoît doit se débrouiller avec un commis flamand qui baragouine le français pour acheter nos billets pour Bruges (avec correspondance à Lichtervelde où le train nous a attendus... Oui oui.).

Belle Bruges
Quelle ville magnifique! Même si celle-ci nous accueille avec une averse, elle est des plus agréables à visiter... à pied. Parce que les pavés, c'est dur pour les vélos, les bras et les fessiers. L'architecture, les canaux et les ponts nous rappellent Amsterdam, mais la ville est moins sale et a un cachet plus intéressant avec sa Grande Place et ses églises que nous découvrons au fil de notre promenade.

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> Jour 2-3 : Bruges (des km dans la ville)

Jour 2-3 : Bruges (des km dans la ville)

Les rues de Bruges nous sont un peu plus familières depuis notre promenade d'hier. La ville possède vraiment un charme indéniable avec ses rues pavées, ses briques rouges, ses églises et ses canaux. Je la trouve plus belle qu'Amsterdam finalement.

Et nous sommes pris dans un dilemme : doit-on parler français ou anglais? Puisque nous sommes situés dans la région flamande de la Belgique, ces habitants parlent couramment néerlandais et non français. C'est la Wallonie qui est française. De plus, la Belgique ressemble (et je dis bien "ressemble" et non "semblable") au Canada avec ses deux solitudes : les Flamands et les Francophones. Les premiers sont plus nombreux, sont plus riches économiquement (les grandes villes de la Belgique : Bruges, Anvers, Gand, Bruxelles à la limite, se trouvent en Flandres), sont davantage polyglottes (ils apprennent quatre langues à l'école : néerlandais, français, anglais et allemand). Quant aux Francophones, ils apprennent le français, l'anglais et l'espagnol... et non la 2e langue officielle du pays. Selon notre hôtesse, ils ridiculisent les Flamands qui n'emploient pas un français parfait, même si eux ne parlent pas le néerlandais, et désirent obtenir davantage de l'économie flamande. Comme vous le voyez, j'ai dit "ressemble", puisque les Québécois (enfin, une partie) veulent justement se séparer du Canada et non profiter de ses ressources. Enfin bref, nous sentons une différence quand nous leur parlons en français, puisqu'ils sont un peu plus raides que lorsque nous passons pour des touristes anglais.

Nous continuons notre visite en faisant différents parcours touristiques qui nous mènent à nos premiers moulins du voyage, à une ancienne porte de la ville fortifiée, au Burg avec l'hôtel de ville, les bâtiments du Franc de Bruges et la Basilique du Saint-Sang. Et nous savourons les spécialités locales : moules, bière, chocolat... Menoum menoum. Nous rencontrons également un Québécois dans un resto italien. En fait, c'est la 2e fois que nous entendons l'accent québécois à Bruges. Et on se reconnaît parfois avant même de s'entendre parler : la physionomie québécoise est reconnaissable parmi celle des Européens. :)

Jour 3
Bip bip bip... Kessé ça? bip bip bip... Une alarme de feu? bip bip bip... Benoît se lève. bip bip bip... Yé quelle heure? 6 h, merde. bip bip bip... Ça doit être un toton qui a oublié d'enlever son alarme... bip bip bip... Eh oui! C'est ça. bip bip bip... Benoît cogne chez le toton. Personne. bip bip bip... Descend trois étages pour avertir la réception. bip bip bip... Personne. bip bip bip... Appelle la réception. bip bip bip... Le proprio de l'hôtel monte en bobette pour éteindre le réveil. Mmmm... Sommeil.

Nous avons une discussion avec l'hôtesse et des clients français concernant la Wallonie et la Flandre comparativement au Québec et Canada. Ça vire sur l'immigration et l'adaptation des immigrants en France et au Canada. Selon leurs propos, ils ont probablement voté Front national ou Sarkozy aux dernières élections présidentielles...

Bruges n'a presque plus de secret pour nous, mais nous n'avions pas encore visité son quartier le plus touristique. Et c'est ce qu'on a fait pour cette dernière journée en découvrant le Beginhof, d'autres rues pavées et d'autres coins plus pittoresques.

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> Jour 4 : Bruges-Vlissingen

Jour 4 : Bruges-Vlissingen (45,2 km)

Des trombes sont tombées le matin et nous font prévoir le pire pour la journée. Tout équipés pour la pluie : manteau et pantalon de pluie, sac de protection pour les sacoches de vélo, sac en plastique dans les souliers, nous partons de Bruges pour cinq jours de vélo. Nous longeons le canal et voyons une grande diversité d'oiseaux (j'ai pensé à Madeleine). Et les vaches sont légions dans les campagnes environnantes, tant belges que néerlandaises (j'ai pensé à Lucie).

Ce mercredi était la journée des bobos... Subjuguée par la mer devant moi, j'oublie de "décliper" mes souliers de mes pédales et tombe sur le nerf du coude qui fait résonner tout mon bras et mon cerveau. Vous connaissez ma peur de la douleur, mais mon merveilleux mari attentionné s'est occupé de moi. Ensuite, c'est lui qui s'est râpé les jointures de la main gauche sur un mur en tentant de reprendre son équilibre.

Nous prenons le traversier à Breskens pour rejoindre Vlissingen où nous mangerons des hamburgers qui ne le sont pas : pain sous-marin avec boulette ovale au goût de saucisse. Ouep. Et nous arrivons une heure et demie à l'avance pour le check-in de l'hôtel. Benoît décide d'aller à l'Office de tourisme pour voir s'il n'y a pas un autre hôtel où il prendrait Visa et s'ils ont des cartes plus précises pour les pistes cyclables. Une heure plus tard, je capote un peu. Pas de Benoît. Et le gars avait dit que ce n'était pas loin... Malheureusement, j'ai tendance à craindre le pire quand je suis toute seule : une ambulance vient de passer, il lui est peut-être arrivé quelque chose; il est parti avec mon passeport et toutes mes cartes d'identité et de crédit (chu dans marde) et autres scénarios catastrophiques. J'angoisse, mais me calme quand je vois le casque rouge et noir au loin (pas grand casque de vélo dans la région à part nous). Ouf! Nous faisons un petit tour de ville avant de chercher le cinéma qui est finalement à côté de l'hôtel... C'est dans notre karma.

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> Jour 5 : Vlissingen-Ouddorp

Jour 5 : Vlissingen-Ouddorp (70,2 km)

Belle surprise ce matin : le Téléjournal de Radio-Canada passe à TV5 Monde. Bern est aux Pays-Bas! :) Ainsi, nous pourrons suivre l'actualité québécoise pendant notre voyage. Mais bon, on se rend compte qu'il ne se passe pas grand-chose ces temps-ci au Québec à part le départ d'André Boisclair (puis-je dire Yé!), le début de course entre Duceppe et Marois et la peut-être future grève de la STM (non mais). Le reste parle d'international. Mais nous vous suivons, nous vous suivons... :)

Malheureusement, le ciel gris et la pluie semblent vouloir nous suivre. Encore une fois tout équipés pour la mauvaise température (sans les sacs dans les souliers cette fois-ci), nous partons de Vlissingen pour suivre le canal jusqu'à Middelburg où cela prendra trois tentatives pour trouver la bonne direction. À la 1re, Benoît me fait une peur bleue en s'étalant de tout son long sur la rue pendant qu'une voiture s'en vient (sa roue coincée dans un rail de tramway). Plus de peur que de mal. C'est ce qu'il y a de bien avec un pays habitué aux vélos : les gens n'accélèrent pas chaque fois qu'ils en voient un... En fait, il y a trop d'indications, mais aucune trace de la LF1. Nous sillonnons donc la ville pour mieux en ressortir.

Nous atterrissons à Veere, joli port de plaisance, qui a conservé ses ruelles pavées et ses monuments pittoresques malgré les inondations. Les dunes, la mer et le soleil nous attendent au coin pour nous faire regretter de les délaisser, car, au loin, nous appelle le barrage de l'Escaut oriental avec ses nuages gris et ses présages de pluie. Fausse alerte : le soleil revient et nous accompagnera jusqu'à la fin. Ou presque. La LF1 nous fait faire un détour dans une réserve naturelle où nous finirons à Haamstede dans un marché en plein air où chacun recherche quelque objet le moins cher. Une épreuve pour la patience et l'agoraphobie. Villes, forêts, champs et digues se suivent. Et une bonne crème glacée sur le bord de la mer crée une bonne pause. Mais attention : un panneau nous avertit du passage de coqs sauvages... Oui, oui, on les a vus. Voir photos. :)

Arrivé à l'hôtel, Benoît se demande comment se terminera ce voyage de noces : à Bruges, grand lit double, à Vlissingen, deux lits simples collés comme un lit double et à Ouddorp, deux lits simples séparés... Il se dit que nous finirons bien dans deux chambres séparées... :)

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> Jour 6 : Ouddorp-Hoek van Holland