Continental, un film sans fusil
Fort de ses nombreux Jutra ("Meilleur film", "Meilleure réalisation" et "Meilleur scénario"), Continental, un film sans fusil ressortait en salles à ma grande joie. Ce film d'auteur avait coiffé Les 3 p'tits cochons et ses 13 nominations et finalement sorti grand gagnant de cette célébration du cinéma québécois. Je voulais le voir depuis longtemps, attirée par le titre bizarre et une histoire qui le semblait tout autant, mais il avait disparu des salles peu de temps après notre arrivée au Québec...
Heureusement, il a été reconnu par ses pairs et est de nouveau à l'affiche. Nous l'avons vu hier soir dans notre cinéma fétiche, le Cinéma Beaubien. J'ai été enchantée par les histoires de ces gens qui se croisent, par cette touche d'humour toute particulière, par ces plans silencieux où tout est dans les gestes et le visage, par la laideur de la banlieue mise en vedette, par ses acteurs au service du film, par cette aura de mystère... tandis que Benoît a été plutôt mitigé à cause de l'histoire un peu broche à foin.
Cependant, depuis que j'ai vu No Country for Old Men, j'apprécie davantage les longs plans sans dialogue où prévaut le talent des acteurs et du réalisateur, ce qui, malheureusement, nous fait entendre encore plus les p'tites madames qui commentent le film comme si elles étaient dans leur salon... Et ce, malgré les Chuuuuut! répétés par les gens autour d'elles, mais ça, c'est une autre histoire...
Les acteurs : Gilbert Sicotte (homme aux abords de la soixantaine ), Fanny Mallette (jeune fille seule au comportement bizarre), Réal Bossé (agent d'assurances pogné dans un motel) a remporté un Jutra en tant que "Meilleur acteur de soutien" et Marie-Ginette Guay (femme qui attend ou non son mari).
Continental, un film sans fusil sort de l'ordinaire, possède un humour fin et n'est pas destiné aux gens amateurs d'action. Un petit film d'auteur à écouter dans son salon, bien collés. :)
1 commentaire:
J'ai beaucoup aimé le film, particulièrement le personnage de Fannie Mallette. Je me suis pris à tenter de comprendre d'où lui venait son comportement bizarre...
Là où je ne suis peut-être pas d'accord avec ma douce, c'est que je crains que ces films "contemplatifs" (tout comme No Country for Old Men) ne perdent de leur impact sur un petit écran (même si le petit écran est un plasma de 60 pouces...).
À mon humble avis, ces films sont à leur meilleur sur un grand écran dans une salle obscure (et silencieuse préférablement...).
J'en profite pour un petit commentaire sur le Cinéma Beaubien: Malgré les deux mémères, j'adore cet endroit. On sent, en regardant les films, que c'est un public de cinéphiles qui sont dans la salle. Ca change tout de l'ambiance d'un film, sans les ados qui placottent sur leur cellulaire ou les odeurs de frites au vinaigre (hello Paramount!).
Ah oui, une derniere chose: Ca vaut la peine d'aller voir Continental au cinéma pour le court métrage d'animation qui le précède. Un bijou! (Isabelle au Bois dormant, gagnant d'un Jutra)
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